Jugés pour avoir fait porter à leur fils Jihad, un tee-shirt « Je suis une bombe »

Le procès de deux personnes s’ouvre aujourd’hui à Avignon. Elles sont accusées d' »apologie de crime » pour avoir fait porter un t-shirt « je suis une bombe – Jihad » à un enfant. Récit d’une histoire polémique.

C’est l’histoire d’un T-shirt gris, taille 3 ans, et de son propriétaire, le petit Jihad. Un T-shirt qui porte l’inscription « je suis une bombe » sur le devant; au dos, ces mots: « Jihad, né le 11 septembre ». C’est l’histoire d’une mauvaise plaisanterie qui tourne mal, très mal.

Le 25 septembre 2012, Jihad, effectivement né un 11 septembre 2009, se rend à son école, une petite maternelle située en zone d’éducation prioritaire à Sorgues, près d’Avignon. Il est vêtu de ce T-shirt, que lui a offert son oncle. Dans l’après-midi, alors que l’air méditerranéen se réchauffe, Jihad retire son pull. Effroi parmi le personnel municipal qui découvre le T-shirt. La blague ne fait pas rire du tout, mais alors pas du tout.

De l’école maternelle au parquet de justice

L’institutrice, également directrice de l’école, s’insurge. Selon le procès verbal des auditions qui s’ensuivront, elle décide de photographier le petit garçon et son habit. Le soir, elle convoque la mère de Jihad, lui fait part du malaise que le dit T-shirt a provoqué au sein de l’établissement, lui administre une leçon de morale. Les choses auraient pu s’arrêter là. Mais visiblement troublée, l’institutrice, qui refuse à l’heure actuelle de s’exprimer publiquement, rédige un rapport qu’elle envoie au service Education de la mairie de Sorgues ainsi qu’à l’inspection académique du Vaucluse. La situation s’envenime.

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